13 octobre 2001

Silence! On tire!

J'ai quelque honte à l'admettre: cette guerre n'est pas sans me procurer un certain plaisir.

Jusqu'à ce qu'elle éclate, je pensais que nos médias étaient les pires du monde occidental. Depuis le premier jour de l'Intifada, nos médias ne parlaient plus que d'une seule et unique voix, répétant à la manière d'un perroquet fidèle le discours officiel, ne posant aucune question pertinente, se dispensant bien de toute critique réelle. Barak avait "retourné toutes les pierres" (à la recherche d'une solution). Il était "allé plus loin qu'aucun Premier ministre avant lui". Il avait tout donné, tout, et Arafat "avait décliné ses offres généreuses". Nous n'avions pas de partenaire, etc. etc. Ad nauseam... Aucune investigation conséquente, aucun examen quelque peu sérieux des faits, aucun enregistrement des témoignages de tous les protagonistes, pas de comparaisons, pas de conclusions constructives.

Une blague juive raconte qu'après la mort d'un notable, dans une petite ville, on ne trouve personne pour faire son éloge funèbre, personne qui ait quelque chose à dire de lui, en bien. Finalement, quelqu'un se propose: "Il est très vrai que ce Monsieur était une quintessence de salaud cruel et repoussant, mais, comparé a son fils, c'était un ange..."

Nous pouvons dire la même chose de nos médias. " Il est

vrai que les médias ont trahi la confiance que nous leur manifestions, qu'ils se sont faits les porte-parole du gouvernement et nous ont fait un lavage de cerveau. Mais, comparés aux médias américains, les nôtres sont super!"

Le 11 septembre, dans les premières heures qui suivirent l'horreur, il y eut des gens pour critiquer le comportement du président (américain). En cette journée historique, son entourage l'avait déplacé de lieu secret en lieu secret, aux quatre coins de l'Amérique, l'avait caché aux yeux indiscrets dans quelque

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